Aller au contenu
Château de Caussade Itinéraire
Détail des corbeaux sculptés soutenant le chemin de ronde

Le château

Bertran de Born, le damné de Caussade

Un troubadour qui chantait la guerre, une épouse nommée Himberge de Caussade, et une place réservée en Enfer par Dante : voici pourquoi la visite du château emprunte la trame de la Divine Comédie.

Père Igor, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le château · Bertran de Born

Un seigneur qui faisait des vers et la guerre

Bertran de Born appartient à cette génération de troubadours périgourdins pour qui la poésie et les armes relevaient du même métier. Il chante les batailles comme d'autres chantent l'amour, prend parti dans les querelles de la maison Plantagenêt, et se retrouve mêlé aux déchirements qui opposent Henri II à ses fils — au temps d'Aliénor d'Aquitaine et de Richard Cœur de Lion. C'est à cette époque qu'il épouse Himberge de Caussade, dont le nom relie le troubadour à ces murs.

La sentence de Dante

Un siècle plus tard, Dante place Bertran de Born au neuvième cercle de l'Enfer, parmi les semeurs de discorde. La peine est à la mesure de la faute : celui qui a séparé le fils du père avance décapité, portant sa propre tête à bout de bras comme une lanterne, et l'élevant pour éclairer son chemin.

L'image a traversé les siècles — Gustave Doré en a donné la gravure la plus célèbre — et elle est le point de départ du parcours proposé à Caussade.

Ce que ses contemporains voyaient

Avant que Dante ne le damne, les copistes qui recueillirent ses poèmes le représentaient tout autrement. Les chansonniers provençaux du XIIIᵉ siècle ouvrent chacune de ses pièces par une lettrine ornée où il paraît en chevalier, lance au poing, sur fond d'or — non pas le supplicié de l'Enfer, mais le seigneur guerrier qui chantait les batailles.

De l'Enfer à l'Espérance

La visite ne s'arrête pas à la damnation. Après la Porte des Enfers vient le Purgatoire, et avec lui l'idée qui gouverne tout le projet : un lieu peut être relevé. Là où Dante écrivait « Toi qui entres ici, abandonne l'Espérance », on sort de Caussade avec l'invitation inverse.

Enluminure d'un manuscrit médiéval : dans une lettrine à fond d'or, un chevalier en cotte bleue, lance à la main, monte un cheval clair. À droite, le début du poème en occitan, précédé du nom « Bertrams de born » écrit en rouge.
Bertran de Born en chevalier, lettrine ornée du chansonnier provençal K (XIIIᵉ siècle). Le nom du troubadour est inscrit en rouge, en tête du poème. BnF, ms. français 12473, f. 160 — domaine public, via Wikimedia Commons

« Damné, pour avoir opposé fils et mère au Roi, le Troubadour éclaire l'Enfer de sa tête portée en lanterne, à bout de bras : “Ô Moi !” »

Bertran de Born en Enfer — La Divine Comédie

Suivre le troubadour sur place

Le parcours de visite reprend cette trame, de la Porte des Enfers au Purgatoire, guidé par un chevalier-ménestrel.

Préparer la visite