Un plan polygonal, sans une seule tour ronde : quatre tours d'angle, des courtines flanquées, une douve et un pont-levis. Caussade est un rare témoin périgourdin de l'architecture militaire de la fin du Moyen Âge.
Le château
Le château
Père Igor, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Une enceinte, quatre tours
Le château s'organise autour d'une enceinte quadrangulaire dont les quatre tours d'angle assurent le flanquement : chacune permet de battre les courtines voisines, de sorte qu'aucun pan de mur ne reste aveugle. Les murs sont couronnés de mâchicoulis, et des douves — aujourd'hui partiellement comblées — entouraient l'ensemble.
L'entrée se fait par la tour portière, haute de vingt-quatre mètres, précédée d'une douve et d'un pont-levis, fermée d'une herse et surmontée d'un assommoir. Le dispositif est complet, lisible d'un seul regard : c'est ce qui fait le prix pédagogique du lieu.
Un plan polygonal, et pas une tour ronde
Caussade n'a rien d'un château de conte. Aucune tour cylindrique : les façades s'assemblent en polygone, à angles vifs, ce qui est rare en Périgord et donne à la forteresse sa silhouette anguleuse, presque abrupte.
L'édifice n'est pas homogène pour autant. Il porte une longue suite de reprises et de rafistolages, du XIIᵉ siècle jusqu'à l'abandon — et c'est précisément cette stratification qui se lit sur ses murs.
Ce que la pierre raconte encore
À l'intérieur, les traces d'usage se superposent aux traces de guerre. Des meurtrières sont braquées vers la cour et non vers l'extérieur ; d'anciennes latrines ont été aménagées dans des fentes de tir ; une étoile de David est sculptée dans un sol de pierre, et une fresque effacée laisse deviner une scène biblique. Autant de questions ouvertes, que le chantier de restauration documente au fur et à mesure.
L'intérieur, que rien ne laisse présager
C'est la surprise du lieu. Derrière ces murs de guerre, les salles ont gardé leur sol en pisé, leur charpente et leurs vitraux anciens — et une échelle qui reste celle d'une habitation, non celle d'un palais. On y est à taille humaine.
La moitié de la visite se joue là, à l'abri de la pierre.
Un monument protégé
Le château est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 17 août 1945 (référence PA00083027). Cette protection encadre chaque geste de restauration, du choix des matériaux à la reprise des couvertures.